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Voici une nouvelle qui va mettre du baume au cœur des gens qui se les gèlent. En gros, les mêmes qui bouffent de la merde et servent de faire-valoir à toutes les variantes des cannibales. M. le lézard délégué à la mise au pas de la province France, dans l'optique de rester le cul au chaud de son fauteuil de super valet après 2012 commence à accoucher de mirifiques projets. Pince-nez conseillé, ça va schlinguer.

L'un consiste à mettre en place, dit-on un Observatoire national de la précarité énergétique. C'est pas beau ? A défaut du reste, ça réchauffe le cœur, non ?

C'est le même gonze qui dirigeait déjà l'observation de la pauvreté et l'exclusion sociale qui va gérer le bidule. Sûrement un très bon observateur. Il y a des jours où je regrette vraiment Coluche, pour ce qu'il aurait fait de cette merdeisère.

 Observer les pauvres doit être instructif. Bougez pas, je vous observe. Oh, les pauvres, comme ils sont pauvres et comme c'est douloureux...ça empêcherait presque de digérer, garçon, zauriez pas du citrate de bétaïne ?

Chef, on les a à l'œil. S' ils bougent trop, on envoie les flics, afin de les réchauffer ?

Y'a pus de flics ? Ah, c'est la milice, maintenant ? Quelle est la différence ? Ben, on les paie pas, banane, c'est des bénévoles. Bon, alors, on envoie la milice, Chef ? 

C'est réconfortant toutes ces nouvelles. Pour rentabiliser l'observatoire, on pourrait prévoir un accès payant. Entre la Tour Eiffel et les Folies Bergère, les bourgeois nationaux qui subsisteront et les touristes non indigènes pourraient venir zieuter la misère française, bien gardés par la milice, et moyennant finances. Yuan accepté.

Tu montes un stand de mouchoirs jetables, c'est le Pactole assuré.

Je me demande, avec toutes les bonnes idées que j'ai, pourquoi j'ai pas une vraie responsabilité dans le rafiot. En attendant, je me tricote une bouée.

Naïvement, je pensais que les milliards d'euros dont se bâfrent les très riches, (non, lui, c'est un futur ex dictateur, scusez) les banques et les entreprises qui délocalisent pour ne pas payer d'impôts pourraient être rapatriés, que les énormes taxes sur les produits pétroliers pourraient être baissées, enfin non, je suis pas si con, je sais bien que rien de tel n'arrivera.

 Et la dette, vous n'y pensez pas ?

Les bonnes consciences estiment qu'on doit rembourser la dette. C'est moral. Le plus souvent, les bonnes consciences ont du pognon à la banque. Il serait fâcheux qu'un gouvernement envisageât de se défiler.

 La dette est un faux, une arnaque, du passe-passe ? Peut-être, on ne sait pas, mais quand même. Tes dettes honoreras, onzième et bientôt premier commandement. Jésus a bien dit de payer à César, donc remboursons.

 FMI, à un A près, ça donne FAIM. Ça couperait plutôt l'appétit. Ajoutons un E : FAMINE.

 Moralement, un pauvre, c'est gênant. Des millions de pauvres ? Mais c'est Dieu qui l'a voulu. S'ils sont bien patients, ils iront droit au paradis. De gênant, ça devient moral. Édifiant. Touchant, rentable. Passez moi un clinex.

Sinon, une bonne guerre ?

Enfin, peut-être y aura-t-il un miracle ? Il faut espérer, et prier. Prions, mes frères, pour cette pauvre humanité souffrante.

A défaut de miracle, les porcs qui prétendent nous gouverner pourraient au moins avoir la décence de laisser crever leurs victimes - je pèse mes mots - dans le respect et la dignité.

Qu'on se foute des pauvres, OK, on peut pas vénérer le fric, le pouvoir, le mensonge et aimer les dix mille êtres, c'est incompatible, et c'est comme ça ; chacun son truc. Qu'on les laisse crever ou même qu'on choisisse de les tuer (c'est pas ce que je propose, hein !), au moins, ce serait franc.

Qu'on paie des commissions et des observatoires pour les regarder avec la même distance qu'il y a de l'astronome aux étoiles, de l'entomologiste aux insectes en sachant pertinemment que de toutes façons on ne fera rien, sauf un coup de peinture rose Barbie pour les prochaines pseudo-élections d'escrocs minables, j'avoue que ça me fait un peu monter la tension.

Un bon observateur doit rester calme, ne pas s'impliquer émotionnellement. J'ai des progrès à faire. Mais il y a des limites à l'indécence.

Moi qui suis un relativement nanti, je souhaite que ces saloperies reçoivent ce qu'elles méritent : un grand coup dans la gueule.

Ah, chuis pas dans l'amour ? Il y a parfois des nuages et des orages, devant le soleil.

Il est quand même temps de hurler que les pauvres sont le fruit d'une volonté, et non pas du hasard ou du caractère imprévisible de la nature et de la fatalité. C'est un abominable mensonge.

Il n'y a des pauvres que par la volonté délibérée de quelques uns de ramasser la part des autres. Il n'y a des pauvres qu'à cause de la sauvagerie, de la rapacité et de l'égoïsme.

Et les prétendus gouvernants sont les larbins, la main d'œuvre prête à tout et les écrans de ce système. Aucun n'est là pour le changer. Aucun.

C'est à nous, à chacun de nous, minuscules grains de poussière, comme m'a dit Yamma, nous tous, qui pouvons être le grain de sable qui foutra cette machine maudite en l'air.

Pour cela, il est nécessaire de ne pas adhérer, de rejeter viscéralement cette ordure, et d'aller contre, même par un microscopique changement intérieur.

Et de ne jamais oublier que le soleil brille toujours.

Source : http://www.vieux-jade.com/

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