2012 ; une solution pour éviter la peste ET le choléra

Puisque, quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, nous n’aurons aucune chance d’avoir un Président qui représente nos intérêts....

La constitution de la Vème République, construite pour le Général de Gaulle, a prouvé, depuis plus de 50 ans, avec les différents Présidents qui s'y sont succédés, qu'elle n'était pas un outil démocratique.

Présidentialisation, bipartisme, tous les pouvoirs confiés à un seul parti (minoritaire), pas de représentativité de l'ensemble de l'éventail politique, aucun contre-pouvoir réel, pouvoir du peuple réduit à des élections fantoches tous les 5 ans, non-séparation de la justice et du pouvoir exécutif, le processus de personnalisation et de confiscation du pouvoir , en un mot d'autocratisation , est parvenu, sous l'ère sarkozyste, à son apogée.

D'autant que ce pouvoir des partis dominants, dits "de gouvernement", est totalement inféodé au système global de mondialisation libérale, entièrement dominé par la dictature des mafias financières, comme le récente crise n'en a été qu'un exemple, parmi tant d'autres.

Aggravation des inégalités, destruction du système social, privatisation progressive de l'ensemble des institutions, démolition du système de santé, de l'école, logement et matières premières entièrement livrées à la spéculation, transfert des richesses produites par les travailleurs, des salaires vers le capital ; les dégâts sont énormes, et de plus en plus irréversibles.

Tout ceci sans que le peuple, par définition détenteur du pouvoir dans une réelle démocratie, y ait son mot à dire. On n'a même pas besoin de rappeler à quel point celui-ci s'est fait voler son vote, lors du référendum de 2002 sur le Traité européen, pour comprendre à quel point cette dérive institutionnelle, a entraîné la République sur la voie de l'autocratie, et de l'inféodation aux puissances de l'argent.

Certes, le problème n'est pas que français ; il est mondial.

Mais, au moins, certains pays, grâce à un système réellement démocratique, parviennent-ils, sur ce plan, à limiter les dégâts.

On évoquera juste les royautés démocratiques des pays du nord de l'Europe ; Danemark, Suède, Islande (où le peuple a refusé le renflouement, à son détriment, des institutions bancaires), plusieurs pays d'Amérique du Sud ; Argentine (avec la résolution, en 2002, après sa plus profonde crise, de refuser de rembourser la totalité de sa dette publique), Chili, Bolivie, Brésil, etc....

Sans parler de la Chine, qui, bien que participant au système de libre-échange, conserve un système global où le secteur financier et bancaire est entièrement sous contrôle de l'Etat.

Bref, devant l'étendue des dégâts, particulièrement sensibles en Europe (cf la situation en Grèce, en Irlande, en Espagne, bientôt en Italie ou en France), où la Communauté Européenne, loin de constituer un rempart contre la globalisation, s'avère en être un des rouages, sous la présidence de l'ultra-libéral Barroso, et de son parlement, entièrement acquis aux puissances financières.

Banque Européenne, Banque Mondiale, FMI, OMC, agences de "cotation" ; toutes ces institutions internationales ne sont que les bras armés de la dérégulation néolibérale visant à la privatisation de la planète et de sa mise en coupe réglée, au profit d'une poignée de banquiers, de financiers et de spéculateurs, dont la fortune augmente au rythme de la paupérisation de l'ensemble de la population mondiale.

Mais revenons à la France, où se profile, pour 2012, donc, des élections dont l'issue, quelle qu'elle soit, ne fait qu'entraîner la désespérance et la résignation de l'ensemble des citoyens, tant, quel que soit le cas de figure, aucun des vainqueurs possibles ou/et probables de l'élection présidentielle, n'apparait en mesure de changer le cours des choses, si ce n'est en l'aggravant, pour la majorité des Français.

Ce qui provoque, par inéluctable voie de conséquence, une montée des extrêmes, la plupart des citoyens n'accordant plus aucune confiance aux partis principaux, entièrement compromis dans une collusion avec le système global.

Comme aucun des candidats qui prônent un réel changement (telle la vitale, nécessaire et urgente REFORME MONETAIRE), n'est en mesure de gravir le dernier échelon qui mène à la Magistrature suprême, les Français, résignés, se voient ainsi condamnés à choisir celui qui serait la moins pire des solutions

 

C'est à dire, vu les forces en présence, et le mode de scrutin ;

- soit reconduire le catastrophique petit Ubu, avec le chapelet à continuer des mesures de démolition sociales et sociétales, la progressive privatisation du pays, et sa livraison clef en mains aux puissances financières (malgré les rodomontades du provisoire "chef du G20", qui n'a même pas, depuis la crise, pris les mesures les plus ELEMENTAIRES, comme l'ont fait les Allemands, pour protéger notre système économique et financier des ravages de la spéculation),

- soit voter pour le sinistre Directeur du FMI, ou tout autre soi-disant représentant d'un parti soi-disant "socialiste", définitivement compromis dans sa collusion avec "l'économie de marché", qui n'est autre que le pillage de l'économie et l'asservissement des états par les "marchés" (lisez mafias) financiers.

 

De quoi, effectivement, pour le peuple français, être entièrement livré à la désespérance, à la résignation, à l'ecoeurement, d'assister, impuissant, à la dérive de ses institutions vers une autocratie ploutocratique, et une République de plus en plus bananière.

On notera, à cet égard, comme le signalait hier à la télé, l'excellent Edwy Plenel, qu'en ce moment même, 130 députés UMP (dont l'ineffable motodidacte Estrosi), essaient de faire voter une loi qui instituerait un "secret des affaires" (comme il existe un "secret-défense"), destiné à poursuivre toute investigation, toute recherche, toute parution d'éléments d'information sur les magouilles, collusions, conflits d'intérêts, et prévarications diverses commis dans les milieux d'affaires, sous peine de poursuites et de punitions pouvant aller jusqu'aux peines de prison pour les journalistes qui l'auraient enfreint. Ceci venant après la volonté annoncée du petit kondukator de "dépénaliser le droit des affaires" laisse suffisamment entrevoir à quel point d'asservissement à la dictature des mafias de financiers et de spéculateurs, le pays en est rendu...

Mais tout ceci est bien long (il y en aurait pourtant tant et tant encore à dire), pour en arriver à la solution annoncée dans le titre ; j'y viens, donc..

 

En 2012, il y aura bel et bien DEUX élections :

- la première ; celle du Président de la République, (on l'a vu, sans le moindre espoir de changement), mais sur laquelle, d'une même volonté, évidemment, tout le monde politico-médiatique exerce un focus volontaire, contribuant à la "présidentialisation" d'un système de plus en plus autocratique

- la seconde, sciemment passée sous silence, l'élection LEGISLATIVE des députés, représentant du peuple à l'Assemblée Nationale ; en fait, voix directe des citoyens dans l'expression du pouvoir

Or, il se trouve que, dans la Vème République, le Président, représentant d'une minorité de citoyens, ne peut, on l'a constaté au cours des divers épisodes de la "cohabitation", exercer la toute-puissance de son pouvoir, qu'à l'aide d'une Assemblée de députés-godillots monolithique, entièrement acquise à sa cause.

Il suffit que l'Assemblée soit d'une autre composition, pluraliste, pour que son pouvoir de nuisance soit considérablement réduit, et que le processus démocratique y gagne en représentativité.

 

La solution me semble donc être celle-ci (j'abrège) :

- au 1er tour, le vote pour le candidat qui vous semble être le plus à même, par son PROGRAMME, d'instaurer un véritable changement ; référendum sur le constitution d'une VIème République, plus démocratique ; Assemblée Constituante, élections à la proportionnelle, organismes de contrôle des citoyens sur les décisions qui les concernent, référendums d'initiative citoyenne facilement réalisables, non-cumul des mandats électifs, limités à 2, quel que soit le mandat, inéligibilité pour toute personne déjà condamnée, totale indépendance de la justice par rapport au pouvoir exécutif, organismes de contre-pouvoir, REFORME MONETAIRE, permettant la nationalisation des banques, séparant les banques de dépôts (nationalisées) des banques privées, interdites de battre monnaie, obligées de passer par des emprunts avec intérêts à une Banque Centrale entièrement contrôlée par l'Etat, que les états puissent, de nouveau emprunter à la Banque Centrale SANS INTERET, etc, etc......

Plusieurs partis possèdent dans leurs programmes des mesures de cet ordre : le NPA, le Front de Gauche, le FN (pour certaines d'entre elles), etc....

Donc, PAS DE PSEUDO "VOTE UTILE" ; donnez vos voix aux partis qui présentent ces mesures dans leurs programmes, même si ce candidat n'a aucune chance d'être élu au bout du compte

- au 2ème tour de l'élection présidentielle, puisque, probablement, ce seront les représentants des partis dits "de gouvernement" qui auront toutes les chances d'être élus, CONSIGNE D'ABSTENTION MASSIVE ;

Il faut que le président élu le soit avec moins de 50% des voix des INSCRITS ; ça ne l'empêchera pas d'être élu (puisque les voix blanches et abstentions ne sont pas comptabilisées), mais ça portera un énorme coup à sa légitimité ; il s'agira d'un Président "en sursis", et fortement minoritaire.

 

En revanche, c'est au cours des ELECTIONS LEGISLATIVES, qu'il faudra aller voter, en masse pour les candidats des partis les plus "réformistes/révolutionnaires" à votre goût, de façon à ce que l'Assemblée Nationale soit représentative d'une "coalition plurielle", avec des députés capables de s'allier, au coup par coup, sur des textes consensuels, respectueux des intérêts des citoyens et de la nation.

Et pas d'agitation de spectre de la IVème République, ou de "République des partis" ; ce serait, de toutes façons, beaucoup moins grave que l'actuel bipartisme UMPS, et beaucoup plus démocratique.

En cas d'absence de majorité pour des textes essentiels (budget annuel de l'état, lois de programmation, réforme monétaire et financière), retour vers le peuple, qui sera amené à voter par référendum, pour la décision finale.

Il me semble que c'est de cette façon que nous pouvons limiter les dégâts de l'élection présidentielle à venir, et initier un véritable processus de re-démocratisation du pays, en permettant à l'ensemble des citoyens et leurs représentants de faire valoir leurs droits et leurs intérêts.

Il est temps, que, à l'image des réelles démocraties subsistant en Europe et dans le monde, de même qu'à l'image des processus en cours en Afrique du nord et ailleurs, le "final cut" soit enfin redonné aux citoyens et aux peuples, dans une voie vers la reconquête de la démocratie et de la liberté.

De même, il est plus que temps que soit mis fin au règne des dictatures des mafias financières et bancaires sur l'ensemble de l'économie mondiale ; comme ce ne sera jamais le cas avec des dirigeants et gouvernements totalement inféodés à ces puissances, c'est aux citoyens et aux peuples de commencer à reprendre la main sur leur propre destin, par le retour de la réelle démocratie, et sa victoire sur les forces d'oppression.

Utopique ?

La seule "utopie" serait de considérer qu'en ne changeant rien, la situation ; tant nationale qu'internationale, elle, pourrait s'améliorer..

A nous de jouer, et de nous souvenir, à l'instar d'évènements récents, que toutes les formes de pouvoir et d'oppression, ne sont que des tigres de papier, que la volonté des peuples unis et solidaires, peut faire s'envoler....

Auteur de l'article sur Agoravox

sisyphe