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Par hasard, je suis tombée sur ce magnifique film allemand, émouvant et plein de finesse, décrivant avec justesse la lente érosion de la carapace de Gerd Wiesler un officier de renseignement chargé d'espionner un intellectuel allemand. Ce film est une modèle d'analyse de psychologie comportementale. Un pur chef d'œuvre d'humanisme.

Synopsis : Berlin-Est, 1984. Le gouvernement d’Erich Honecker pense assurer sa pérennité grâce à un système de surveillance des individus aux mains de la Stasi, la police d’état. Le capitaine Gerd Wiesler espère faire avancer sa carrière lorsqu’on le charge de surveiller le dramaturge Georg Dreyman et son amie, l’actrice Christa-Maria Sieland. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que l’immersion dans le monde de la littérature et de la libre-pensée ferait résonner le vide et l'unilatéralité de sa propre vie. Cette surveillance intensive lui ouvre les portes d’un univers dont il ne soupçonnait pas l’existence, le forçant à remettre en question ses valeurs. Mais le système, une fois lancé, est difficile à arrêter…

Tant qu'il y aura des homme... Que ce soit le régime est-allemand ou tout autre poison de ce genre, il y aura toujours des êtres serviles pour faire la part belle aux dirigeants sans scrupules. Et des gens de cœur, des héros qui se sacrifieront, comme dans le film sur ARTE, où, même un pion du système, se découvre sous un jour humain...

Critique : Tout producteur normalement constitué aurait refusé de financer ce premier long métrage d’un réalisateur tout frais émoulu d’une école de cinéma, d’autant que l’intrigue porte sur un thème usé jusqu’à la corde : la Stasi, la terreur qu’elle faisait régner, et les rapports entre les membres de la police secrète et leurs victimes.

Florian Henckel von Donnersmarck, issu de la très vieille famille de la noblesse allemande ne s’en est guère soucié. Et après cinq années de travail, il nous livre l’un des tout meilleurs films allemands.
Le scénario, qu’il signe également, devait être à lui seul suffisamment convaincant, car le jeune réalisateur a réuni sans difficulté les meilleurs acteurs allemands du moment pour son premier film, qui a d’ailleurs raflé d’entrée quatre prix au Festival bavarois du cinéma. Nul ne saura ni ne comprendra jamais ce qui a poussé le jury du Festival de Berlin 2006 à le refuser …

Oscar 2007 du meilleur film étranger
Bafta 2008 du meilleur film non-anglophone
César 2008 du meilleur film étranger