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Réduction de fractions...

" L'homme devrait mettre autant d'ardeur à simplifier sa vie qu'il en met à la compliquer."
Henri Bergson

Mark Twain disait quelque chose du genre "Ma vie est une somme de problèmes, dont la plupart ne me sont jamais arrivés..." On ne peut s'empêcher d'y voir une étrange corrélation avec la vie de beaucoup de gens que l'on côtoie, et qui n'ont de cesse de s'angoisser, en anticipant un avenir dont ils ne savent pas grand chose...
Le mode de fonctionnement prédiction/angoisse est l'un des plus répandus, alors même qu'il nuit à tout épanouissement personnel.
Pourquoi de deux éventualités possibles, choisir la moins favorable ?...
Pour ne pas être déçu, pour ne pas être déstabilisé, par préférence pour les surprises agréables plutôt que pour les mauvaises... Chacun avance ses raisons de préférer envisager le pire que le meilleur, mais en définitive, le résultat obtenu est que tout le bon du présent est gâché par un hypothétique avenir qui pourrait être décevant... Le coût est élevé...

En mathématique, discipline de réflexion s'attelant à des problématiques complexes, on essaie toujours de simplifier le problème de base avant de s'attacher à le résoudre : c'est cette simplification, cette réduction de la complexité en des séquences mieux maitrisées, qui permet de conduire un raisonnement en minimisant le risque d'erreurs...
Même si nous n'avons pas tous les mêmes aptitudes à résoudre des équations complexes, nous pouvons en extraire le principe de simplification comme gage d'une meilleure lisibilité de notre environnement...
Or la plupart du temps, on se complique la vie pour pas grand chose, et au lieu de prendre les "problèmes" un par un, on s'empêtre dans une globalité, qui nous fait confondre les choses essentielles et les détails qu'on peut mettre de côté.

L'anxiété est une névrose invalidante puisqu'elle nous prive de la jouissance du présent qui, ne sera pas récupérable, même s'il se voit par la suite transformé, retraité en regrets et en remords... D'autant plus qu'anticiper une situation ou des évènements désagréables, sous ce seul aspect, ne permet pas de les éviter...
Sur le même modèle, le déni nous prive de l'instant en lui substituant un présent fantasmé, qui ne peut rien apporter de bénéfique, puisqu'il est mensonge en stand by, bombe à retardement qui ne manquera pas un jour de nous exploser à la face, au contact d'une réalité soudain plus forte que nos écrans de fumée projetés sur la vie...

Alors simplifions...
Simplifions et jetons dans nos douves tout ce qui ne nous permet pas de vivre aujourd'hui sereinement.
Rangeons à hier tout ce qui nous a blessé ou fait souffrir mais qui appartient à un temps révolu sur lequel on n'a pas, et on n'aura plus jamais prise : vivre c'est accepter ses erreurs, mais aussi celles des autres même lorsqu'elles nous ont atteint de front...
Laissons dans le vestibule de l'entrée les doutes pour demain, si nous savons que nous n'avons aucun moyen de les transformer en certitudes qui peuvent nous rassurer...
Et asseyons-nous confortablement au grand buffet autour duquel aujourd'hui nous convie... pour y déguster à l'envi les plaisirs simples de la vie...

Il n'est, en général, nul besoin de plats très compliqués pour rassasier un appétit de vivre, mais il faut prendre le temps de se mettre à table...       

image004312222344 toujours sur le blog de Laurence :  http://www.justedesmotsquinousressemblent.com