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L’Eglise appelle à l’arrêt de la violence à l’encontre les Guarani 

 
Les Indiens guarani sont souvent victimes de violentes attaques suite à la réoccupation de leur terre ancestrale.
Les Indiens guarani sont souvent victimes de violentes attaques suite à la réoccupation de leur terre ancestrale.
© CIMI

Les évêques brésiliens ont appelé le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour mettre un terme aux attaques des communautés guarani dans l’Etat du Mato Grosso do Sul, au sud de l’Amazonie.

Le mois dernier, les habitants de la communauté guarani Y’poi étaient retenus en otage par des hommes de main après être retournés sur leur terre ancestrale, aujourd’hui occupée par une ferme.

Les Guarani d’une autre communauté, Ita’y Ka’aguyrusu, qui avaient tenté de réoccuper leur territoire, ont été victimes de plusieurs attaques armées et la violence continue encore. On a appris que des fermiers n’ont pas hésité à frapper femmes et enfants et à utiliser des engins explosifs contre eux.

Les évêques ont qualifié la situation des Guarani de ‘violation outrageuse de leurs droits’ et ont appelé les autorités à respecter la loi brésilienne en démarquant le territoire guarani, afin ‘de mettre un terme à la violence honteuse qui sévit dans la région et pour protéger les vies de ce peuple qui honore le pays par sa culture et ses coutumes’.

De nombreux Guarani du Mato Grosso do Sul vivent dans des conditions dramatiques dans des réserves surpeuplées ou au bord des routes, la plus grande partie de leur territoire ayant été spoliée pour faire place à l’élevage de bétail et aux plantations de soja et de canne à sucre.

Dans le passé, des communautés guarani qui avaient réoccupé leurs terres, lasses d’attendre leur démarcation officielle, ont été victimes de violentes attaques. Certains de leurs leaders ont été assassinés, dont le chef guarani de renommée internationale, Marcos Veron.

L’expert des Nations-Unies sur les peuples indigènes a publié le mois dernier un rapport dans lequel il se dit ‘profondément préoccupé par la flambée de violence exercée à l’encontre des Guarani et par les graves répercussions sur leurs communautés de la politique agressive des gouvernements qui ont cédé par le passé de grandes étendues de terres indigènes à des fermiers non indigènes’.

Shell au cœur d’une controverse sur le vol de terres indigènes au Brésil

       
Le film 'La Terre des hommes rouges' met en lumière la détresse des Indiens guarani-kaiowá au Brésil.
Le film 'La Terre des hommes rouges' met en lumière la détresse des Indiens guarani-kaiowá au Brésil.
© Marie Hippenmeyer

Les autorités brésiliennes ont écrit au géant énergétique Shell pour lui exprimer leur préoccupation au sujet des activités de son nouveau partenaire commercial brésilien qui produit des agrocarburants sur une terre volée aux Indiens.

Le mois dernier, Shell a signé un accord de 12 milliards de dollars avec le géant brésilien Cosan pour produire des agrocarburants à partir de canne à sucre. Mais une partie de cette canne à sucre de Cosan est cultivée sur une terre officiellement reconnue comme appartenant aux Indiens guarani.

Un procureur brésilien, qui détient le pouvoir constitutionnel de défendre les droits indigènes devant la Cour, a écrit à Shell pour l’avertir que son implication dans le joint-venture ‘compromettait l’engagement de la compagnie en faveur de la biodiversité et du développement durable’.

En 2008, Le film ‘La Terre des hommes rouges’ a porté la détresse des Guarani sur la scène internationale et l’un des acteurs, Ambrosio Vilhalva, fait partie de la communauté affectée par les activités de Cosan.

Evoquant les plantations de canne à sucre qui ont avalé la plupart des terres de son peuple, Ambrosio Vilhalva a déclaré : ‘Les plantations de canne à sucre anéantissent les Indiens. Nos terres deviennent de plus en plus petites. Les plantations sont en train de tuer les Indiens’.

Au début du mois, le Rapporteur spécial des Nations-Unies sur les droits indigènes a publié un rapport adressé à la Commission des droits de l’homme de l’ONU, dans lequel il se dit ‘profondément préoccupé par les allégations de violence à l’encontre des Guarani et par les graves répercussions sur les communautés guarani de la politique agressive des gouvernements passés qui vendaient de grandes étendues de terres traditionnelles à des fermiers non indigènes’.

La plupart des terres guarani ont déjà été spoliées pour faire place à des fermes d’élevage, des plantations de soja ou de canne à sucre. Les Guarani sont victimes de violentes attaques dès qu’ils tentent de récupérer leurs territoires ancestraux. Leurs leaders sont fréquemment la cible d’hommes de main et des douzaines d’entre eux ont été assassinés. Le peuple guarani détient l’un des taux de suicide les plus élevés au monde et les bébés meurent de malnutrition parce que les Indiens n’ont plus de terre pour y cultiver ou y chasser.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré : ‘Shell risque d’aggraver ce qui est déjà considéré comme l’une des pires situations parmi les Indiens du Brésil. Maintenant, la compagnie sait ce que son partenaire brésilien est prêt à faire; nous espérons qu’elle ne voudra pas s’impliquer dans ce vol scandaleux des terres guarani’.

Survival a écrit à Shell au sujet des activités de Cosan qui enfreint clairement la ‘Déclaration des principes généraux commerciaux’ de Shell.

Télécharger le code d’éthique de Cosan Agissez maintenant pour aider les les Guarani

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