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L'éducation ? Qu'entendons-nous par là ? Nous apprenons à lire et à écrire, nous acquérons les techniques nécessaires pour gagner notre vie, et on nous lâche dans le monde. Depuis l'enfance, on nous dit ce qu'il faut faire et penser, cependant que nous sommes profondément conditionnés intérieurement par l'influence de la société et du milieu. Je me disais : peut-on n'éduquer l'homme qu'extérieurement tout en laissant le centre libre ? Peut-on aider l'homme à rester toujours intérieurement libre ? Car c'est seulement dans la liberté qu'il peut être créateur et heureux. La vie sans cela est tortueuse, une bataille intérieure et extérieure. Mais être libre intérieurement exige une attention et une sagesse exceptionnelles : peu en saisissent l'importance...

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La vraie dignité est une chose rare. Une fonction officielle, respectable, donne une certaine dignité : c'est comme revêtir un habit.C'est l'habit, l'uniforme, la fonction, les titres, qui donnent la dignité. Mais dépouillez-en l'homme, et bien peu alors apparaîtront comme ayant la dignité véritable, qui vient avec la liberté intérieure de l'être, et de rien d'autre. Tout homme veut être quelque chose, avoir une situation sociale qui lui assure le respect des autres. classez un homme dans une certaine catégorie : intelligent, riche, saint, physicien ; s'il ne peut entrer dans aucune des catégories reconnues par la société, il sera considéré comme bizarre. On ne peut affecter la dignité, la cultiver : avoir conscience d'être digne, c'est être conscient de soi-même, c'est-à-dire mesquin, petit. N'être rien, c'est être libre de toute idée de toute sorte. Être, mais sans posséder aucune dignité reconnue, voilà la vraie dignité. Elle ne peut vous être enlevée, elle est toujours là.

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Laisser la vie s'écouler librement sans rien qui demeure, c'est cela la véritable conscience. L'esprit humain est tel un tamis qui retient certaines choses, et en laisse passer d'autres. Ce qu'il retient correspond à ses désirs; et les désirs, si nobles et si profonds qu'ils paraissent, sont en réalités mesquins, car ils relèvent du plan individuel. Nous ne cessons de choisir, de garder pour nous ce qui nous semble important. Nous appelons cela l'expérience, et nous appelons la multiplicité des expériences richesse de la vie ; cela consiste au contraire à être libre de toute accumulation d'expériences. L'expérience conservée empêche l'apparition de tout état où ne se trouve pas déjà du connu. Le connu n'est pas un trésor, et pourtant l'esprit s'y attache, détruisant ou souillant l'inconnu.

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La vie est une chose curieuse. Heureux est l'homme qui n'est rien.

Krishnamurti (Lettres à une jeune amie)

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