AFP, publié le 14/08/2010 à 11:11BEYROUTH

HRW dit craindre l'exécution "bientôt" de l'Iranienne condamnée à mort        

BEYROUTH - L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch a dit craindre l'exécution "bientôt" d'une Iranienne condamnée à mort par lapidation après la diffusion d'"aveux" télévisés.

     

  HRW dit craindre l'exécution  

Sakineh Mohammadi-Ashtiani sur une photo non datée fournie par Amnesty International le 9 juillet 2010

 

AFP/Archives

Sakineh Mohammadi-Ashtiani, une mère de deux enfants âgée de 43 ans, a déclaré mercredi à la télévision d'Etat iranienne qu'un homme avec qui elle était intime avait tué son mari en sa présence. Ses deux avocats ont ensuite dit qu'elle avait été forcée de faire cet "aveu".

"Les aveux télévisés de Sakineh Mohammadi-Ashtiani renforcent nos craintes que l'Iran exécutera bientôt cette femme", écrit HRW dans un communiqué publié samedi à Beyrouth.

"Les hommes qui dirigent l'Iran n'ont apparemment pas honte du tout, ils prononcent d'abord la sentence barbare de mort par lapidation et ensuite recourent à une confession télévisée", ajoute l'ONG basée à New York.

"Dans de telles circonstances, toutes les raisons portent à croire que les 'soi-disant' aveux ont été obtenus sous la contrainte", a dit Nadya Khalife, responsable du dossier des droits de la Femme au Moyen-Orient.

L'un des avocats de l'Iranienne, Javid Kian, a dit à HRW s'attendre à ce que la Cour suprême rende dans les prochains jours son verdict final sur l'exécution ou non de l'Iranienne.

Il a ajouté que les autorités l'avaient empêché de voir sa cliente détenue depuis deux ans à la prison de Tabriz (nord-ouest).

La révélation début juillet de l'exécution imminente par lapidation de cette Iranienne a suscité une vague d'indignation dans le monde.

La justice iranienne a ensuite annoncé le 11 juillet la "suspension pour des raisons humanitaires" du verdict.

Selon les autorités iraniennes, Mme Mohammadi-Ashtiani a été condamnée en 2006 pour adultère et implication dans le meurtre de son mari, et le verdict a été confirmé en 2007 par la cour d'appel.

La défense et l'ONG Amnesty international affirment en revanche que Mme Mohammadi-Ashtiani n'a été condamnée initialement que pour avoir eu "une relation illégale" avec deux hommes après la mort de son mari, et que l'accusation de meurtre a été ensuite ajoutée par les autorités pour justifier cette condamnation.