Gloire_du_matin_sous_la_plu

Quel rapport y a-t-il entre l'amour humain et l'amour divin ?

L'amour est une des grandes forces universelles ; il se manifeste partout où il trouve une possibilité de manifestation, partout où il y a une réceptivité, en tout ce qui s'ouvre à lui. Ce que vous appelez amour, en pensant que c'est une chose personnelle ou individuelle, n'est que la capacité de recevoir et de manifester cette force universelle. Mais, parce que cette force est universelle, il ne s'ensuit pas qu'elle soit inconsciente ; bien au contraire, c'est une puissance souverainement consciente. C'est consciemment qu'elle cherche sa manifestation et sa réalisation sur terre ; c'est consciemment qu'elle choisit ses instruments, éveille à ses vibrations ceux qui sont capables d'une réponse, essaye de réaliser en eux sont but éternel, et quand l'instrument se montre incapable, elle l'abandonne et se tourne vers d'autres.

Les hommes pensent qu'ils sont soudain tombés amoureux ; ils voient leur amour naître, croître et s'évanouir, ou bien durer un peu plus longtemps chez ceux qui sont adaptés à la prolongation de son mouvement. Mais en tout cas, la sensation qu'ils ont d'une expérience personnelle, leur appartenant en propre, est une illusion : ce n'était qu'une vague de l'océan sans fin de l'amour universel.

Ce n'est pas dans les êtres humains seuls que l'amour se manifeste, il est partout. Son mouvement est là dans les plantes, peut-être dans les pierres elles-mêmes ; il est facile de reconnaître sa présence chez les animaux. L'amour, force éternelle, n'a pas de convoitise, de désir, de soif de possession, d'attachement personnel ; dans son mouvement pur, c'est la recherche du moi avec le Divin, une recherche absolue, ne tenant nul compte d'aucune autre chose. L'amour divin se donne et ne demande rien.

Ce que les êtres humains en ont fait, il vaut mieux ne pas en parler ; ils l'ont travesti en quelque chose de laid et répugnant ! Et cependant, même chez les êtres humains, le premier contact de l'amour apporte avec lui un reflet de sa plus pure substance ; pour un moment, le toucher divin de l'amour éveille et magnifie tout ce qui est noble et beau. Mais bien vite la nature humaine reprend le dessus, pleine de demandes impures, exigeant quelque chose en échange de ce qui est donné, trafiquant ce qui devrait être un don désintéressé, réclamant à grand cris la satisfaction de désirs inférieurs, dénaturant et salissant ce qui fut divin...

Le mouvement de l'amour n'est pas limité aux êtres humains. Regardez les fleurs, regardez les arbres. Au soleil couchant, quand tout devient silencieux, asseyez-vous un moment sous les arbres et entrez en communion avec la Nature ; vous sentirez s'élever de la terre, des racines les plus profondes des arbres, pour monter à travers les fibres jusqu'aux branches qui s'étendent le plus haut, l'aspiration d'un amour et d'un besoin intenses - le besoin de quelque chose qui apporte la lumière et donne le bonheur, de la clarté qui est partie et dont le retour est imploré. Cela monte comme une action de grâces où la gratitude la plus vibrante s'unit à la plus fervente prière. Cet élan est si pur et si spontané que si vous pouvez vous mettre en rapport avec ce mouvement dans les arbres, votre propre être s'élèvera dans une ardente invocation à la paix, la lumière et l'amour qui ne se sont pas encore manifesté ici...

Avez-vous jamais observé une forêt avec ses arbres et ses plantes innombrables qui ne luttent que pour saisir la lumière , qui s'efforcent et se tordent de mille manières, simplement pour être au soleil ? c'est cela précisément le sentiment d'aspiration dans le monde physique - l'élan, le mouvement, la poussée vers la lumière. Les plantes, dans leur être physique, ont une aspiration plus grande que les hommes. Leur vie toute entière est une adoration de la lumière. Naturellement, la lumière est le symbole matériel du Divin, et le soleil représente, en certaines conditions, la Conscience suprême...

La Mère ( conversation ) 1929