Lower_Yellowstone_Fall

 

Je peux me rappeler l'époque où les bisons étaient si nombreux qu'on pouvait les compter, mais les hommes blancs les ont tués tant et tant qu'il ne reste que des carcasses là où ils venaient auparavant. Les hommes blancs ne les tuaient pas pour manger ; ils les tuaient pour le métal qui les rends fous (l'or) et ils ne gardaient que la peau pour la vendre. Parfois, ils ne les dépeçaient même pas ; ils ne prenaient que les langues et j'ai entendu parler de bateaux-de-feu descendant le Missouri chargés de langues de bisons séchées. Ceux qui ont fait cela étaient des fous. Parfois, ils ne prenaient même pas les langues ; ils les tuaient simplement pour le plaisir de tuer. Quand nous chassions le bison, nous ne le faisions que selon nos besoins.

Black Elk
grand chef sioux Hehaka Sapa.

A l'âge de quarante ans j'ai vu que notre pays changeait très rapidement et que nous allions être amenés à vivre différemment. On voyait bien qu'il n'y aurait bientôt plus de bisons dans les plaines. Comment allions-nous vivre après leur disparition ?... Les hommes blancs, avec leurs bisons tachetés (bestiaux) nous encerclaient.Dans les plaines, leurs maisons étaient proches des points d'eau et leurs villages aux bords des rivières. Nous avions décidés d'être amis avec eux, en dépit des changements qu'ils amenaient. Mais cela s'est avéré difficile parce qu'il promettaient une chose trop souvent et qu'au moment d'agir ils en faisaient une autre.

Ils annonçaient bien haut que leurs lois étaient faites pour tout le monde, mais il fut tout de suite clair que, tout en espérant nous les faire adopter, ils ne se gênaient pas pour les briser eux-mêmes. Ils nous disaient de ne pas boire de whisky, mais ils en fabriquaient et nous l'échangeaient contre des fourrures et des couvertures jusqu'à leur disparition totale.

Leurs sages nous conseillaient d'adopter leur religion mais nous découvrîmes vite qu'il en existait un grand nombre. Nous ne pouvions les comprendre et deux hommes blancs étaient rarement d'accord sur celle qu'il fallait prendre. Cela nous gêna beaucoup jusqu'au jour où nous compriment que l'homme blanc ne prenait pas plus sa religion au sérieux que ses lois ; il les gardaient à portée de la main, comme des instruments, pour les employer à sa guise dans ses rapports avec les étrangers. Nous en usions autrement. Nous conservions les lois que nous avions faites et nous vivions notre religion. Nous n'avons jamais pu comprendre l'homme blanc ; il ne trompe personne d'autre que lui même.

Plenty Coups ou Aleek-chea-ahoosh (Nombreux exploits) autobiographie. Il reçu son nom de son grand-père qui dit : " J'ai rêvé qu'il accomplissait d'abondants exploits et qu'il vivrait longtemps ; mon rêve m'a dit aussi qu'il serait un grand chef, le plus grand chef que notre peuple ait jamais eu ", prophétie qui se réalisera plus tard. Plenty Coups mourut en 1932, peu après avoir légué ses terres au peuple américain, soit deux cent acres situées dans la vallée du sud-ouest du Montana, pour en faire un parc " mémorial de la nation Crow " et " témoignage d'amitié envers tous les peuples, rouges ou blancs "....