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L'illumination de la nuit chez Robert Monroe ( celui-ci a mis au point une méthode pour faire " sortir les gens de leurs corps " et Elisabeth Kübler-Ross expérimente ce voyage dont le résultat la marquera à jamais. Elle vit une EMI ( expérience de mort imminente ) et atteint comme le disent les sages, un état de conscience cosmique ) a modifié sa trajectoire en un point crucial : pour elle, désormais, la mort n'est pas une rupture, mais un stade de  " croissance ". Et son travail va dorénavant consister à aider les gens à " croître ".

" Ce dont nous avons peur, c'est de vivre et non pas de mourir ! N'a peur de mourir que celui qui n'a pas su vivre pleinement. Mais que signifie vivre ? Et croître ?"

Elisabeth aura d'autres expériences mystiques. Un personnage très particulier va entrer dans sa vie. Elle l'appellera tantôt son guide, tantôt son fantôme... Et oui, EKR entend des voix. Une voix. Une voix intérieure. Un dialogue régulier s'instaure entre elle et son ange. EKR quitte définitivement la scène scientifique. Elle-même prétendra pourtant n'avoir pas changé de critères. " Je demeure, aime-t-elle dire, totalement septique tant que je n'ai pas expérimenté moi-même. Tout de suite son enseignement sera puisé dans son dialogue avec l'ange. Ses expériences mystiques vont apporter à ses expériences cliniques la perspective de fond qui lui manquait encore. Elisabeth a l'impression de pouvoir enfin nommer la lutte acharnée qu'elle mène depuis tant d'années.

Contre quoi se bat-elle, en fin de compte ? Quelle est cette fameuse frontière qu'elle rêve de repousser, depuis qu'elle a onze ans ? La frontière de la mort ? Tout nous incitait à le croire. Elle-même s'est longtemps laissée piéger. Mais non Ce n'est pas cela. Alors quoi ?

Rien de compliqué. Pour EKR, tout s'éclaire quand elle comprend qu'elle lutte contre la négativité. Qu'est-ce que la négativité ? Tout ce qui bloque le flux de l'énergie et vous empêche de vivre avec amour et harmonie - et donc tout ce qui vous rend malheureux, méchant, stupide, malade...

" La négativité de chaque individu, lui dit l'ange, contribue à nourrir un vaste grumeau de négativité générale qui menace le monde. A l'inverse, chaque fois qu'un être devient plus positif quelque part sur la planète, l'humanité court un peu moins de risques de s'autodétruire. "

Comment devenir plus positif ? L'ange ne contredit pas les savants modernes de la psyché (les aurait-il inspirés?) : il faut que les émotions refoulées s'échappent de la prison de l'inconscient, afin que le flux vital puisse à nouveau circuler librement. Les émotions naturelles, souffle l'ange à Elisabeth, se comptent sur les doigts d'une main. Il y a la peur (peur de tomber, et peur des grands bruits), la colère (contre le changement), la jalousie (qui pousse à imiter et à faire mieux), le chagrin (face à la perte), l'amour, enfin (qui consiste plus souvent qu'on croit à dire non). Toutes les autres émotions (toutes) seraient, selon le " fantôme " d'Elisabeth, des sous-produits pervertis, parce que fruits de refoulements, de ces cinq émotions naturelles.

" Et la mort ? Demande Elisabeth un jour, quel rapport entre l'aide aux mourants et la lutte contre la négativité ?

- C'est très simple, répond l'étrange interlocuteur. L'agonie représente la dernière chance de se débarrasser de la négativité dont il n'a pas su se défaire durant son existence. La dernière chance, donc, d'accomplir ce pour quoi il s'était incarné. C'est d'ailleurs la seule chose qu'un humain puisse faire pour " aider le monde "!

- Quoi donc ?

- Se rendre plus positif à lui-même. Même si c'est à la dernière seconde, il aura en quelque sorte accompli sa mission. Mais cela lui serait difficile s'il restait bloqué à l'un des stades intermédiaires de l'agonie.

- Et dans ce cas ?

-Et bien, il lui faudrait revenir, se réincarner, pour reprendre le même travail, encore et encore, jusqu'à ce qu'il y soit parvenu, et puisse passer à un autre niveau de conscience. " 

La source noire ( Patrice Van Eersel )